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Brembo : l’âme sœur

Brembo est un fabricant italien de freins, connu dans le monde de l’automobile pour sa technologie innovante et son utilisation avant-gardiste des matériaux. Nous nous sommes entretenus avec Matteo Rampazzo, Account Manager/Analyst. L’occasion d’évoquer le freinage par récupération, la responsabilité environnementale et la manière dont un accident de la route peut changer le cours de toute une entreprise.

Pourriez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Matteo Rampazzo et je travaille chez Brembo depuis trente ans. J’assume deux rôles : je me charge de la planification des produits et des analyses de marché d’une part, et je suis Account Manager pour quelques comptes, dont Polestar, d’autre part.

Pourquoi Brembo a-t-elle voulu collaborer avec la marque Polestar ?

Nous sommes très intéressés par Polestar et par ce que la marque représente, non seulement en termes de conception et de sécurité, mais aussi sur le plan environnemental. Nous aimons la façon dont Polestar appréhende le marché par rapport à de nombreuses autres marques. Il y a tellement de voitures électriques et hybrides qui ne sont... pas très sexy, malheureusement !

Comment Brembo a-t-elle vu le jour ?

Elle a été créée en 1961 sous la forme d’une entreprise d’usinage. Un jour, en 1964, un camion qui livrait des disques de frein en provenance d’Angleterre chez Alfa Romeo, ici en Italie, a eu un accident. Alfa Romeo a demandé à Brembo si elle serait en mesure de retravailler les disques de frein endommagés. Et c’est ainsi que Brembo a commencé à fabriquer des freins. Véridique ! Brembo s’est développée pour finir par fabriquer environ 70 millions de disques et 13 millions d’étriers par an. Nous avons nos propres fonderies d’aluminium en Italie, en République tchèque, au Mexique et en Chine. Nous avons aussi des fonderies de fonte en Pologne, en Italie, aux États-Unis, au Mexique et en Chine, qui se consacrent exclusivement aux disques de frein. Nous avons également des centres de développement en Italie, en Pologne, aux États-Unis, en Inde et en Chine, car il est essentiel que le développement ait lieu au plus près de nos clients.

 

Les VE posent-ils des défis différents en termes de technologie de freinage ?

Nous expliquons aux fabricants que le freinage par récupération permet de réduire considérablement la taille des disques, gage d’un poids encore plus faible. Cependant, de nombreux véhicules électriques sont, pour l’instant, plus lourds que leurs équivalents à moteur thermique. Dans de nombreux cas, les freins des voitures électriques sont encore plus gros. Mais je pense que c’est surtout parce que nous sommes encore en phase de transition.

 

Dans quelle mesure Brembo s’implique-t-elle dans la conception avec les équipementiers automobiles ?

Chaque étrier que nous fabriquons est conçu sur mesure pour le fabricant en question. Nous ne travaillons pas avec des produits de série. Nous créons chaque fois un outillage spécifique pour ce produit. Du point de vue du design, nous travaillons à la fois avec le client et un studio de design local pour identifier les éléments de style du véhicule. Le studio de design nous donne quelques idées esthétiques à intégrer dans les étriers. Nos ingénieurs font ensuite en sorte que ces idées puissent être concrétisées en production. Nous avons amené à Göteborg une maquette en résine grandeur nature que les ingénieurs voulaient garder. Elle est toujours là.

Nous voulions être prêts pour les changements majeurs qui attendent le secteur automobile.

Qu’est-ce qui fait la particularité de Polestar, d’après vous ?

À l’exception de la Polestar 1, Polestar est une entreprise purement électrique, contrairement à la plupart des autres fabricants, qui conservent des moteurs thermiques dans leur portefeuille. Ajoutez à cela le design suédois attrayant et minimaliste. Sans oublier le confort des voitures.

 

Brembo affirme « recycler tous les matériaux utilisés durant le processus de production », en plus d’appliquer des technologies plus respectueuses de l’environnement et de supprimer toute forme de pollution. De quelles autres manières Brembo aborde-t-elle les questions de la durabilité et de la responsabilité environnementale ?

Nous soutenons les objectifs de développement durable dans toutes nos usines d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, de Chine et d’Inde. Premièrement, nous recyclons, nous réduisons le gaspillage d’eau, nous installons des éclairages LED où c’est possible, etc. Deuxièmement, nous nous penchons sur le développement de produits dans le but de réduire l’impact environnemental. Nous développons actuellement des matériaux de friction à base de ciment. Le processus de fabrication de ces matériaux nécessite beaucoup moins d’eau. Ces matériaux ne sont, en outre, pas composés de substances qui se dissipent dans l’atmosphère au freinage. Par ailleurs, plus le véhicule est léger, moins il faut d’énergie pour le déplacer : nous essayons donc de contribuer autant que possible à la réduction du poids. Nous avons toujours cru fermement à l’utilisation de l’aluminium pour les étriers. Un autre élément a un impact encore plus important sur les émissions : la réduction de la résistance au freinage, soit le contact entre la plaquette de frein et le disque rotatif lorsque vous retirez votre pied de la pédale de frein. Nous sommes en mesure d’indiquer à nos clients, sur la base de tests WLTP, la quantité d’émissions de CO2/km économisée grâce à la réduction de la résistance au freinage sur nos étriers.

 

L’étrier de frein en aluminium de Brembo était révolutionnaire, tant en termes de matériaux qu’en termes de conception. Quelles autres conceptions et/ou innovations technologiques Brembo a-t-elle développées ?

La plus grande évolution que nous avons réalisée est le système « Brake by Wire » (frein piloté électroniquement), un système où la pédale de frein est complètement découplée. En fait, c’est un simulateur de pédale qui envoie des signaux à une unité de contrôle. L’unité de contrôle fait fonctionner quatre actionneurs indépendants : un sur chaque roue. Ce système peut être soit « humide » (étriers hydrauliques traditionnels), soit « sec » (actionneurs électromécaniques placés dans l’étrier), soit une combinaison des deux. Il permet d’intégrer diverses fonctions comme l’ABS, le contrôle de stabilité, la vectorisation du couple et le freinage par récupération.

 

Comme Polestar, Brembo innove constamment, en particulier dans les domaines des matériaux (aluminium, carbone-céramique…) et du design. C’est la seule marque de composants à avoir remporté le Compasso d’Oro. Quels sont les autres points communs entre les deux marques ?

Polestar est une entreprise très dynamique, avec un développement en Europe et une production en Chine. Brembo est aussi une entreprise dynamique qui possède des usines dans le monde entier. Nous sommes certes une entreprise italienne, mais l’Italie n’occupe qu’environ 30 % de notre personnel.

En résumé, quelle est la philosophie de Brembo ?

Nous avions coutume de dire « vous accélérez, nous freinons », mais nous voulons nous départir du simple rôle de fournisseur de composants. Nous voulons être prêts pour les changements majeurs qui attendent le secteur automobile.

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